Reconnaître les gens. Insuffler ce désir de dépassement.
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lundi, 24 octobre, 2011
Le défi du millénaireMa belle-sœur, Carmela, et mon beau frère, Marcelin, tous deux au début de la cinquantaine, sont professeurs à l’école primaire. Ils ont littéralement aidé des milliers d’écoliers à apprendre à lire, à écrire, à compter et à tirer profit des plus importantes leçons de vie. Ce sont tous les deux des bourreaux de travail. Inutile de dire qu’ils savent s’y prendre avec les enfants. Dans les réunions de famille, tous les petits se rassemblent autour de Marcelin, qui les divertit en organisant des jeux et en leur racontant des histoires. Il est évident que pour eux, leur travail est devenu une vocation.
Ils enseignent tous les deux dans le système scolaire québécois. Ce système propose un excellent programme qui permet aux professeurs qualifiés de recevoir une portion de leur salaire et de garder en banque une autre portion. Une fois la banque pleine, ils peuvent prendre une année sabbatique tout en étant payés.
Carmela et Marcelin ont tous les deux participé au programme au cours des années passées et l’année dernière, ils ont fait un voyage de six mois autour du monde. Ils ont visité le Vietnam, les Philippines, l’Inde, l’Égypte, la Grèce, l’Italie et d’autres pays d’Europe. Ils sont revenus débordants d’enthousiasme et prêts à appliquer dans leur classe ce qu’ils ont vu et appris.
Vous vous demandez sûrement quel peut bien être le rapport entre le voyage de Carmela et Marcelin et le défi du millénaire. Et bien le voici.
Il y a quelques semaines, j’ai écrit un message sur les chefs qui privilégient le chacun-pour-soi au détriment du travail d’équipe.
Je crois que Carmela et Marcelin incarnent à la perfection les employés qui privilégient le travail d’équipe.
Leur histoire est à l’opposé de ce dont parle un article paru cet été sur CNN portant sur Grant Gadoci, un jeune homme de 27 ans. Grant travaille pour une entreprise appelée HotSchedules. L’année dernière, il a ressenti le besoin de prendre une année sabbatique, ses motifs étaient clairs. Il adore voyager et apparemment l’entreprise pour laquelle il travaille permet à ses employés, et même encourage ceux-ci, à prendre des congés. Alors, il est parti. L’article se poursuit en déclarant que du moment que le travail d’un employé est fait, il peut prendre des vacances payées illimitées, et profiter d’autres avantages comme des chaises de massage, une table de ping-pong et une salle de jeux, pour n’en nommer que quelques-uns. Grant est très chanceux de travailler pour une entreprise qui offre ce genre d’avantages.
Grant est le parfait représentant d’un grand nombre des travailleurs de la nouvelle génération d’aujourd’hui… qui favorisent le chacun-pour-soi au détriment de l’équipe.
Je crois que le vrai défi du millénaire est de trouver le moyen de faire en sorte que Grant et des millions d’autres travailleurs comme lui s’investissent dans l’entreprise pour laquelle ils travaillent.
En toute franchise et dans une perspective économique axée sur le service à la clientèle, je ne suis pas certain que la majorité des entreprises peuvent se permettre d’offrir à leurs employés ce que l’entreprise pour laquelle Grant travaille lui offre. La concurrence est féroce de nos jours et ce ne sont pas toutes les entreprises qui bénéficient de marges élevées comme c’est le cas pour Google ou Microsoft. Nous devons par conséquent créer un modèle de base que chaque entreprise peut utiliser.
ET pour commencer, il faut comprendre notre passé.
En Amérique du Nord, l’individualisme est une valeur importante et c’est une bonne chose. Par contre, les dernières générations ont trop insisté sur l’individualisme par opposition au bien-être de la société en général. Et les affaires n’ont pas aidé… la loyauté envers les employés a disparu et le nouveau message est presque le suivant : « vous êtes seul avec vous-même ». Cette façon de penser à créer un milieu de travail où les employés sont centrés sur eux-mêmes et cette attitude déteint sur la vie familiale.
Les chefs de file doivent rétablir la confiance et la crédibilité auprès de TOUTES les générations de travailleurs. Ils doivent faire preuve d’ouverture et de transparence. Ils doivent enseigner la vertu qu’est la patience et faire en sorte que leurs employés s’investissent. ET le plus important, ils doivent être l’inspiration du millénaire. C’est à eux que revient la tâche de faire du millénaire un élément plus grand que nature; ce dont ils profiteront et ce dont nous tirerons également profit.
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